ce que je préfère à New York c’est ce qui me rappelle Tokyo

c’est un fait: je n’ai aucun amour pour Manhattan – et pas même la tendresse gardée de certaines heures très douces – non, vraiment, à Manhattan j’ai des moments de mélancolie, des clins d’oeil littéraires, des affections plus ou moins solides pour des images que d’autres célèbrent bien mieux que moi – et puis la vérité c’est qu’à quoi bon Times Square quand on aime Shinjuku?

j’y pensais en me laissant couler au rythme de la ville: hier encore j’allais chercher l’apaisement de la 32ème rue, fumée et foule des gargotes coréennes en retrait de la 5ème Avenue, maintenant le métro, sortir sur Canal St dans les idéogrammes géants des banques et des bibelots, Mulberry St, Baxter, Bayard, un bol de nouilles fumantes façon Shanghaï, dans les épiceries le murmure mandarin, cliquetis des pacotilles, ventre ouvert des poissons, c’est le nouvel an chinois et les rues brillent des dorures des dragons, effusions de joie, chiffons rouges, bonne fortune, les lions dansent sous leur fourrure vinyl, à pas comptés dans les percussions et les cris, de rue en rue, Mott St, Columbus Park, et l’explosion des pétards, pluie de confetti, joie sublime qui irrigue et apaise tout mon coeur asiatique.

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